LA PROFONDE SIGNIFICATION DES CHOSES
STAGE DES 16 et 17 octobre 2004
Laisser croître en soi ce qu’il y a de plus essentiel en obéissance
avec sa propre nature implique en général une prise de décision
qui invite à laisser derrière soi ce qui n’est plus de l’ordre
de l’utile.
Distinguer l’utile de l’inutile en soi c’est aussi s’inviter
soi-même à franchir certains obstacles.
Et quels sont ces obstacles ?
La nature de l’obstacle se révèle lorsque la conscience
est claire et reposée.
Le principal obstacle à la réalisation c’est, encore et
toujours, la peur et cette peur se manifeste sous diverses formes qui sont toutes
génératrices d’obstacles.
La peur de perdre
Liée à l’avoir ou à son contraire le non-avoir, la
peur de perdre a pour effet principal le repli sur soi, une forme d’auto
rétrécissement de l’âme et de la psyché qui
s’approprie les habitudes passées, résultats de nos anciens
apprentissages.
Celle-ci est tellement ancrée dans nos mémoires qu’elle
se reproduit souvent à notre insu et de manière automatique. On
ne la voit pas ! Et si on ne la voit pas c'est tout simplement qu'on a peur
de la voir. Prendre conscience de sa toute puissance nous met en péril.
Refusant cette prise de conscience, nous lui laissons les pleins pouvoirs et
lui déléguons le nôtre !
La peur de perdre étrique l’être qui se crispe sur ses possessions,
qui sont autant de fausses sécurités.
Comment donc désarçonner cette peur particulière ?
Percevoir les mécanismes
Il n’est pas de travail qui ne soit motivé par la nécessité.
Ce n’est que lorsque le handicap est ressenti en tant que tel que le travail
commence et que l’on peut s’appliquer avec méthode à
aller chercher ce que l’on veut éradiquer.
Prendre conscience de nos peurs particulières nous amène très
directement à observer la manière dont elles se manifestent.
Est-ce la peur de perdre nos possessions, de manquer d’argent, de toit,
de nourriture, de se retrouver privé de l’essentiel, de ce qui
est vital à notre survie ?
Est-ce la peur de perdre l’estime de l’autre, sa reconnaissance
à notre égard ?
Est-ce la peur de perdre de notre influence, du pouvoir qui nous rassérène
à travers l’image sécurisante de quelqu’un de fort,
non vulnérable… la peur de l’impuissance ?
Est-ce la peur de perdre l’amour du conjoint, du parent, de l’enfant
et qui nous fait faire les concessions d’usage quitte à se renier
soi-même ?
Est-ce la peur de perdre qui nous mène ainsi par le « bout du nez
» ?
La peur d’être soi-même
Un remède. Si je me pose, je m’impose…
Quelle est ma vérité ? Qu’est-ce que j’aime, en un
mot qu’est-ce que je veux.
Nos revendications du passé n’ont pas toujours trouvé un
écho favorable et nous avons bien souvent été brimés
dans nos options, empêchés dans nos choix de vie.
… J’aurais tellement aimé être ceci ou faire cela…
Que n’ai-je obéi à mon intuition!… Comment et pourquoi
me suis-je finalement empêché(e) d’exister sous la forme
ressentie. Je n’ai pas choisi car je n’avais peut-être pas
les moyens de choisir et de dire oui à mes options de vies. J’ai
été obligé(e) de ce fait de me couper de mon propre ressenti,
de ne plus m’écouter, et même parfois de me renier !
Nos auto empêchements engendrant concrètement une série
de privations diverses, il sera nécessaire pour rétablir cet équilibre
et guérir ces énergies bloquées dans le passé, d’oser
certains « passages à l’acte ».
Agir
Si par exemple nous avons souffert de timidité par peur d’aborder
l’autre, peur de le contrarier, peur de dire non (et de perdre son estime,
sa considération ou son amour) il sera nécessaire de percevoir
clairement l’objet du conflit afin de s’accorder des champs d’action
progressifs et méthodiques, des terrains d’entraînement à
notre portée.
Choisir après clarification ses terrains d’entraînement demande
un certain discernement.
Il va falloir aller doucement mais fermement dans le sens des anciens interdits.
Nous pourrons par exemple, si nous avons peur de la hiérarchie, susciter
des rendez-vous avec des personnes haut placées dans l’échelle
sociale : donner un coup de téléphone au préfet afin d’obtenir
une subvention… Oser demander ce qui a été refusé
une première fois… etc.
Prenant en considération l’expérience nouvelle et son retour,
nous avons la preuve que nous pouvons faire la chose, que l’obtention
de cette chose est possible et peut donc devenir naturelle. L’action a
pour retour la preuve de ce possible qui va engendrer de plus en plus de confiance.
C'est un changement vis-à-vis de nos croyances.
Agir débloque ainsi les anciens programmes et suscite une familiarisation
avec de nouvelles croyances, choisies par nous…
Oser faire, oser demander en s’entraînant tout d’abord sur
des territoires pas trop difficiles en s’attaquant à des petits
obstacles, une progression pas à pas.
Si le retranchement dans la peur paralyse l’agir, l’action, le passage
à l'acte va ouvrir la personne sur plus de confiance. Le temps aidant,
la confiance, en soi, en l’autre, en l’univers et en la destinée
fait s’estomper naturellement la racine de la peur.
Oser dire ce que l'on est (devenir soi) se relie très directement à
dire ce que l'on veut…
Demander ce que l’on veut !
Sans forcément céder à tous nos caprices et à l’infinité
des désirs qui, comme les trains, en cachent toujours d’autres,
il faudra estimer avec justesse ce qui nous est nécessaire en corrélation
avec nos manques, nos frustrations et nos auto empêchements.
Définir l’objectif : " je veux ceci !" La question qui
se pose directement à telle ou telle affirmation est : "Est-ce que
je le veux vraiment ?" Passée cette étape, le vouloir s’accorde
avec l’agir et avec l’objet de la demande.
Je veux pouvoir exprimer librement tel ou tel aspect de ma personne, le laisser
vivre ou même revivre, lui donner nourriture et souffle vital, le ressusciter.
Les énergies enfouies, bloquées à l'âge de trois
mois, cinq ans, douze ans, quinze ans, et reléguées aux sous-sols
de la psyché, ne demandent qu'à ressurgir, à être
entendues pour se manifester, prendre forme, s'épanouir et diffuser leur
nouveau programme.
Ceci est un véritable travail de guérison, d'auto médication
dont l'effet apporte à l'être un indicible sentiment de liberté
IL FAUT être soi-même, devenir ce que nous sommes en nous appliquant
à trouver les aménagements nécessaires à notre sortie
de la "prison des peurs"?
La plupart des peurs sont inutiles et doivent être discernées en
tant que telles, ce ne sont que d'anciennes chimères, des croyances plantées
dans nos mémoires, ancrées par d'obscurs et inconscients automatismes
générateurs d'obstacles multiples.
Être soi-même, c'est être plein, complet.
Retrouvant sa propre intégrité, l'être réalisant
sa complétude, n'a plus de raison de nourrir l'omniprésente inquiétude.
La peur de perdre s'estompe alors de plus en plus, pour finalement disparaître
au profit d'une félicité naturelle qui donne un sens nouveau à
l'existence.
Pratiquer les arts taoïstes, c'est aussi clarifier le devenir et l'agir
en prenant en compte notre nature essentielle.
Lâcher les prises habituelles, laisser fleurir les énergies ou
même, pourquoi pas, à l'instar de Li Po, "boire seul sous
la lune" pour entrer en contemplation…
Nous ouvrons alors de nouvelles portes pour finalement rejoindre ce que le taoïsme
appelle: "La profonde signification des choses"…
Michel
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