L'IMPERMANENCE

 

STAGE DES 13 &14 mars 2004


Il existe en nous une sorte de continuum psycho-mental, né de nos anciennes identifications et que nous appelons «MOI».
Ce continuum s'inscrit, comme son nom l'indique dans la durée, il s'élabore historiquement à partir du facteur temps mais se transforme également avec lui.
Ce moi est donc sans cesse changeant, fluctuant, tout en pensant néanmoins être le même alors que ses propres influx émotionnels varient considérablement, même parfois d'une heure à l'autre! De plus, ce moi s'inscrit dans un monde dit extérieur dans lequel il baigne et dont il se rend la plupart du temps dépendant…
Le problème est que ce monde extérieur est lui aussi fluctuant et que si nous en sommes intimement dépendants, nous allons tantôt être exaltés par lui, tantôt être déçus, amers, révoltés, etc.
L'esprit averti se doit donc de composer sans cesse avec ce qu'il est convenu de nommer: L'IMPERMANENCE. Ceci nous invite à faire acte de vigilance afin de pouvoir rester au centre, et tenir la barre "contre vents et marées".
Nous croyons avoir réussi, être riches et nous nous retrouvons au chômage; nous croyons être en parfaite santé et les radios révèlent une tumeur, nous croyons pouvoir compter «dur comme fer» sur une relation fraternelle et nous voici, du jour au lendemain, trahis en amitié!
Nous croyons, nous croyons, nous croyons, et faisons de ce monde et de ce moi des entités que nous voulons stables et rassurantes, entretenant ainsi une illusion de permanence. Notre monde intérieur n'est fait que de croyances établies avec le temps et entretenues de manière entièrement automatique…
La première des croyances est celle que nous entretenons vingt quatre heures sur vingt quatre, c'est la croyance en notre petit moi limité, affublé de qualités ou de défauts, défini en tant que sexe, âge, position sociale: "je suis médecin, j'ai réussi; je suis chômeur et bon à rien; je suis un honnête homme; je suis une femme fragile, etc. L'idée qu'on a de soi nous mène par le bout du nez, nous conduisant parfois là où nous ne voudrions point nous rendre…
Dire "je suis ceci ou cela" est l'expression même de la limite qui nous entrave.

Un jour ceci ou cela disparaîtra (du moins en tant qu"entité limitée") et à tout jamais, laissant juste un peu de sa propre vapeur, une fumée qui, elle aussi, s'effacera dans le vent. La sagesse serait de ne pas s'attacher à cette image, d'éviter de s'accrocher si fortement à cette branche qui nous conforte par peur du vide, mais de laisser la chose fluctuante se transformer «au gré des circonstances de la vie» ( une des définitions de la liberté). Si on ne peut rester éternellement jeune physiquement (évidence), il nous est possible, en revanche, d'entrer en contact avec cette partie de nous qui ne périt pas et qui, elle, est là en permanence, toujours libre, indépendamment des conditions égotiques, qualités ou défauts, physiques ou humains, attribués par nos passés respectifs et auto-entretenus, nous valorisant ou nous dévalorisant.
En cela et pour cela, nous sommes tous ABSOLUMENT ÉGAUX!

Michel
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