VIVRE DÉTENDUS
STAGE DU 17 & 18 MAI 2003
" Tai-chi & Méditation "
Taï-Chi et Méditation doivent nous amener à éprouver
toujours plus de détente, à relâcher les principales tensions
(les plus lisibles d'abord) : épaules et trapèzes, dos, fesses,
mâchoires et nous conduire, lorsque le travail est bien mené, à
aller chercher les tensions de plus en plus subtiles et profondes : plexus,
ventre, jambes, pieds…
Les tensions les plus apparentes sont généralement liées
au stress quotidien et entretenues par les sollicitations de type social (toujours
plus vite, toujours plus rentable!) Les tensions les plus profondes quant à
elles sont plutôt "originées" par d'anciennes mémoires
(contrariétés, brimades, frustrations, traumatismes et angoisses
inscrites dans nos histoires personnelles) et sont plus difficiles à
déceler; elles se génèrent la plupart du temps involontairement
et automatiquement. Qu'elles soient conscientes ou inconscientes, superficielles
ou profondes, grossières ou subtiles, apparentes ou cachées, les
tensions nous empoisonnent l'existence et sont de grandes consommatrices d'énergie.
Dans quel état de tension ou de détente vous trouvez-vous par
exemple à présent pendant la lecture de ce texte? Avez-vous pris
le temps de respirer, de vous poser, ou bien lisez-vous ce papier imprégnés
par le stress habituel? Le stress est une maladie véritable qui génère
avec le temps des maladies physiques. Il est bon de faire le plus souvent possible
cet exercice des plus simples: fermez les yeux, faites trois respirations profondes
et conscientes… Puis continuez tranquillement votre action… Vivre
dé-tendu, c'est vivre avec conscience.
Notre premier devoir en tant qu'être humain doit être celui-ci:
VIVRE SANS TENSIONS.
La vie certes est faite de tensions, on peut même affirmer qu'il n'y
a pas de vie sans tension puisque dans nos mémoires les plus ancestrales
s'inscrit la lutte pour la survie. Ajoutons à cela une conscience collective
chargée, marquée par les guerres, les famines et autres fléaux
et nous voici devenus des "êtres d'inquiétude", dépourvus
de sécurité, en perpétuelle demande d'être rassurés!
Ainsi vogue la galère, ainsi sommes-nous le plus souvent victimes de
nos pathologiques inquiétudes… Un enfer pour le corps et pour l'esprit.
Passer le plus clair de son temps dans l'inquiétude amène les
tensions à s'enkyster, à s'installer, à squatter chez nous!
Comment alors sortir de ce cercle vicieux et infernal qui perturbe nos existences?
1- Ne pas relativiser: prendre conscience de l'impérative
nécessité de "renverser ce pouvoir pervers" des tensions
en nous.
2- Ne plus être dupes: apprendre à voir venir les principales tensions
avant qu'elles ne s'installent.
3- Repérer "en amont" ce qui génère les tensions.
Ceci ne peut se faire sans un travail de connaissance de soi d'ordre psychologique
(souvent nécessaire pour mieux décrypter les vieux engrammes,
les informations anxiogènes, et "nettoyer les mémoires").
4- Bannir l'inquiétude en faisant confiance en la vie. Savoir que l'univers
ou la vie agit toujours pour notre bien et que nous sommes dans cette incarnation
pour apprendre à évoluer en direction de notre absolue liberté
(…" y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler"…)
5- Prendre du recul et relativiser les évènements (ça n'est
pas aussi dramatique!)
6- S'aménager des pauses le plus souvent possible au cours de nos journées
de travail et se rappeler à soi même: "Je suis ici, maintenant"…
Se "pauser".
7- Prendre le temps de faire ce que l'on fait en passant outre le besoin de
rentabilité. Travailler AVEC le temps et non à "contre temps"
(ce qui est, par ailleurs, de loin plus efficace).
8- Apprendre à arrêter le temps psychologique dans des actes simples
comme celui de parler (en écoutant l'autre) ou encore de manger. La précipitation
sur la nourriture dénote d'une inquiétude chronique (peur de manquer,
angoisse à calmer, compulsions à l'avoir d'un moi insécurisé).
Prendre par exemple le temps de se mettre à table calmement, de faire
une pause (non contrite !) et quelques respirations avant de commencer notre
repas puis marquer d'autres pauses volontaires au cours du même repas…
La nourriture n'en devient que meilleure!
9- Eviter de penser à l'avenir lorsqu'on fait un acte au présent.
La projection de soi dans un hypothétique futur éloigne de l'énergie
vitale présente.
10- Savoir apprécier l'instant pour ce qu'il est (agréable ou
désagréable) sans essayer de s'en échapper (vivement demain
que…) Apprécier qui plus est les "bonnes choses" de la
vie.
11- Fréquenter la nature. Observer, comprendre et reproduire en soi.
Un arbre a tout son temps, une fleur vit sa floraison en plénitude. Un
coucher de soleil, une gestation animale et tous les cycles naturels (là
ou l'homme n'intervient pas pour forcer ou modifier les rythmes ) se font selon
des temps précis. Etudier les différentes étapes des cycles
saisonniers, le temps qu'il faut pour que telle ou telle espèce végétale
arrive à maturité, etc.…
12- PRATIQUER! Rien ne remplace une pratique quotidienne et les arts taoïstes
entre autres techniques proposent une multitude d'exercices souverains pour
apprendre à vivre harmonieusement, visant finalement à se réconcilier
avec le temps. La pratique de la méditation invite à "poser
ses bagages". Les pratiques respiratoires et gestuelles apportent une plus
grande conscience de soi. Sans oublier les étirements, les massages,
la marche à pied, le chant, la danse, la relaxation, le sport, le rire,
et tout ce qui peut donner du bien-être, aider à respirer…
Douze points importants, mais cette liste n'est pas exhaustive, à chacun
de "prendre le temps" de la compléter. La détente est
un travail véritable, une qualité qui s'acquiert avec le temps.
Travailler avec le temps est une tâche noble à laquelle nous devons
nous exercer régulièrement et fréquemment. Le fait que
certaines tensions soient légitimes ne doit pas nous amener à
justifier celles qui ne le sont pas (comme l'inquiétude).
Notre société produit des êtres surmenés. Refusant
leur fatigue naturelle, ils ingurgitent des excitants en quantité invraisemblable
pour " optimiser leur potentiel " et s'alimentent de façon
aberrante, tandis que quelques rares tribus ne possèdent toujours pas
dans leur vocabulaire le mot " fatigue " (ce qui laisse à supposer
un art de vivre: on se repose avant d'être fatigué!)
Il est en notre pouvoir de créer des espaces, d'éviter le piège
de la précipitation, de rompre le rythme effréné des sollicitations
et de nous retrouver de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps unis
à notre nature profonde, notre "conscience source" qui, elle,
est parfaitement paisible.
Swami Prajnanpad disait que: "La libération finale (l'Eveil) n'est
autre que l'abolition de toutes les tensions: physiques, mentales et émotionnelles.
Plus nous vivons détendus, plus notre univers intérieur s'enrichit,
la paix est notre état naturel.
Les stages sont faits pour nous entraîner à cela…
Laisser respirer un geste, s'enraciner le souffle, s'harmoniser nos énergies;
accueillir le ciel et offrir nos tensions à la terre, s'asseoir enfin
et découvrir au-dedans de soi cette "Chose" qui nous attend
sans cesse, en deçà du voile tissé par nos tensions.
Bon courage pour cela ! Avec le cœur. Michel
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